En bleu, Lui, en noir moi.
elle a les yeux clairs, tellement clairs que le reste du monde paraît affreusement terne à ses côtés. elle, je ne citerais pas son nom, vous m'en voudriez, vous ne me croiryez même pas. "elle" a les mains qui tremblent lorsqu'elle m'effleure, allez savoir pourquoi. moi c'est ma peau lorsque ça arrive. un véritable bouleversement émotionnel lorsque nous sommes dans son lit. j'vous jure c'est à chialer de jouissance, d'émotions, de sentiments et d'extase. je ne cherche pas à vous faire envie, seulement à la décrire comme je la ressens jusqu'au fond de mes veines.
Il est si grand. A côté de lui je suis toute petite. Petite feuille tremblante qui se blottit sur son épaule. Il a cette allure reconnaissable entre mille du mec qui y met tout son coeur lorsqu'il sert quelqu'un contre lui. Il doit se demander pourquoi je tremble. Je lui dis que j'ai froid, peu importe qu'il fasse 40 degrés, je n'oserais jamais lui dire à quel point son regard me chamboule jusque dans le creux de mon ventre. Là où il fait si chaud. Là où je lui donne si chaud.
on s'est rencontré lors d'une magnifique journée pluvieuse. magnifique ouep, car elle a toujours rêvé d'une histoire d'amour qui commencerait comme la fin. certains trouvent celà con, excusez moi mais elle a raison. on s'est habitué à rien, pour pouvoir toujours se surprendre derrière leur dos. un jour, elle m'a écrit une sorte de chanson sur le frigo un matin avant d'aller à son boulot. je suis directement après aller la violer à son travail, histoire de la remercier de ces quelques mots gribouillés.
Bien sûr si on m'avait dit que je l'aimerais un jour de toute mes forces j'aurais répondu « l'aimer, lui ? Tu rigoles ! ». Bien sûr, j'ai ri la première fois qu'il m'a embrassée. Bien sûr c'était « juste comme ça ». Comment une âme écorchée vive aurait-elle pu aimer ce type un peu bizarre, atterrit sur la Terre en même temps que la pluie ? Je n'aurais jamais juré qu'il puisse si bien apprivoiser ma nature imbécile. Et puis il y a eu ce déclic, ce besoin violent de l'aimer, de faire de lui le cadeau que la vie m'a apportée. De lui faire perdre l'équilibre par la force de ma passion.
c'est vrai qu'au départ ça fait (du) bien de se sentir avec quelqu'un même s'il n'y a pas d'amour. Mais on s'y prend vite, je n'y aurai jamais cru moi-même voyez-vous. On s'allongeait par plaisir, et on a apprit petit à petit à prendre goût à ce plaisir, à en avoir besoin de se sentir fondre, besoin l'un de (dans) l'autre. Elle a le goût du nuage qui a plu toute la matinée. Celui qu'on aime le dimanche matin dans le creux du pieu. Un jour, elle m'a embrassé pendant que j'étais à une réunion de mon bureau.
Je m'en souviens, et ce jour-là, je l'ai surpris pour la première fois. Il bossait comme un fou et je n'en pouvais plus de ces journées passées sans lui, à attendre qu'il rentre. Je vivais sans vivre, il était en moins de deux devenu cette jolie drogue dure. Le regard scotché à la fenêtre je regardais passer les heures, les minutes, et les secondes. Si à 20 heures il n'était pas revenu, c'est moi qui irait le retrouver. A 19h50 j'étais déjà sur le pallier. J'ai dévalé les marches de ces quatre étages aussi vite que j'ai pu. Je n'étais même pas sûre de pouvoir le voir une fois là-bas mais ce manque de lui me poussait à faire l'impossible. Jamais je n'ai prit aussi peu le temps de m'attarder sur le paysage. Je l'ai embrassé, et je suis sortie. Une bouffée de son air m'avait alors suffie.
C'est des journées comme ça que je vous parle, celles là même qui me font ce que je suis cejourd'hui. Non pas que je n'aimerais pas être à votre place, seulement que j'aime la mienne et ne l'échangerais pour rien au monde, mes yeux au temps. On a crié tellement fort qu'on a arraché le ciel l'autre soir.